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La riziculture dans le Haut bassin du Mandrare
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Généralités
Depuis, le haut bassin de Mandrare est qualifié comme
« grenier alimentaire de la région de l’Anosy
et de l’Androy » dans le sud de Madagascar. La zone
est reconnue par sa production rizicole excédentaire et
a régulièrement approvisionné les grandes
agglomérations dans le sud.
Avant la mise en œuvre du PHBM, la zone a perdu cette image
pour différentes causes. A cett e
période, les infrastructures socio-économiques et
productives en particulier les infrastructures d’irrigation
étaient dans un état de dégradation très
avancé. Seulement 900ha de périmètres irrigués
étaient exploitables pour la riziculture. La zone était
presque enclavée face à la dégradation de
la route et à la précarité des moyens de
communication. Effectivement, les services agricoles sont de plus
en plus inaccessibles. Les activités agricoles sont pratiquées
avec des techniques simples et d’une manière extensive.
Les techniques sont caractérisées par le prélèvement
annuel de semence sur la récolte, le repiquage des plants
âgés plus de 45 jours et rarement effectué
en ligne, la préparation du sol limitée sur le piétinement
de bœufs. Très rarement, les paysans utilisent de
la charrue, de la fumure organique ou minérale. Cette dernière
étant rendue difficile par l'irrigation en cascade. Les
rendements se situent entre 1 à 2 tonnes de paddy/ha. Des
contraintes pèsent sur les cultures entre autres la dégénérescence
des semences, la prolifération des maladies, l’indisponibilité
des intrants et des matériels agricoles. La succession
des années sèches source de la disette de 1991 qui
a frappé le sud ne fait que détériorer la
situation. Faute de marché, les produits agricoles sont
vendus à des prix sacrifiés.
Bref, la production était limitée pour la subsistance.
Les revenus des ménages sont faibles et la population était
dans un état de fragilité avancé en terme
de sécurité alimentaire.
La riziculture dans le haut Mandrare
La riziculture irriguée reste la pratique courante dans
le haut bassin du Mandrare. Elle se pratique sur des bas fonds
et des vallées fertiles constituant les périmètres
irrigués.
La culture de riz s’étale sur toute l’année.
Il est possible en effet de produire le riz pendant trois saisons
de culture mais au maximum en deux saisons sur une même
parcelle selon la disponibilité en eaux. Les trois saisons
sont
(i) le riz de première saison de juin
à décembre (vary aloha)
(ii) le riz intermédiaire de septembre
à mars (vary tsivalatao) et
(iii) la principale saison de culture de décembre
à juin (vary tsipala).
La principale contrainte de la riziculture irriguée est
la concurrence avec les cultures sèches. En effet, la mise
en place de la rizière coïncide toujours aux travaux
de sarclage des cultures pluviales. Parfois, le début des
activités rizicoles accuse du retard par manque d’eau.
Malgré la densité du réseau hydrographique
dans la zone, le régime hydrologique des cours d'eau dépend
fortement de la répartition des pluies.
Développement de la filière
riz
Les activités d’intensifications rizicoles menées
par le projet visaient l’accroissement de la production
et le rendement de paddy par ha. Produire plus de 22 500 t/an
constitue l’objectif fixé.
Pour ce faire, en tenant compte le niveau de compétence
technique locale, le projet a opté pour la diffusion du
système de riziculture améliorée (SRA). C’est
un système de culture à la portée des petits
producteurs pour accroître la productivité du riz
irrigué en changeant la gestion des plantes, du sol, de
l'eau et des nutriments. La technique repose sur les bases suivantes
:
(i) l’utilisation des semences améliorées
et la pratique de la pré-germination des semences
(ii) l’utilisation des plants jeunes
(entre 15 et 21 jours) ou repiquage précoce
(iii) repiquage en lignes espacées de
25 cm x 25 cm
(iv) la pratique de sarclage à temps
(v) l’apport de fumier organique sans
besoin de fumure minérale et enfin
(vi) la maîtrise de l’irrigation.
Les diagnostics effectués, les résultats de recherches
et expérimentations ont abouti à la détermination
des variétés performantes c'est-à-dire bonne
productivité, tolérante aux maladies et au déficit
hyd rique,
peu exigeant en azote, court cycle. Les itinéraires techniques
étaient aussi retenus à travers ces phases de diagnostic.
A la suite des tests multilocaux sur 12 variétés,
la recherche a recommandé en saison Tsipala les variétés
2798, le X415, et le X265 et en contre saison les 2787, le MR,
le X 360 et la X265. Pourtant, la variété X265 fait
partie des variétés qui s’adaptent à
des rizières « rainfed » ou rizière
sans maîtrise d’eau à tendance vers la sécheresse.
La mécanisation agricole a été développée
afin d’optimiser la production et la mise en valeur des
rizières.
Financement de MP production de riz
Cet effort d’intensification a été concrétisé
à travers le financement de mini-projets de production
des riz. Comme tout financement de mini-projet productif, la contribution
du projet reste sur l’encadrement et le conseil technique,
appui matériels et intrants et enfin l’appui organisationnel.
Ainsi, les semences isolées à travers la recherche
ont été introduites par le projet. Des matériels
agricoles comme la charrue, la herse, la sarcleuse et batteuse
sont vulgarisées. Des champs écoles et des parcelles
de démonstration ont été mis en place. Les
producteurs organisés autour de groupement de producteurs
ont eu la chance de participer à des différentes
formations techniques, des visites d’échange et des
séries de démonstration. La maîtrise de l’irrigation
passe à travers l’organisation des usagers autour
des associations des usagers de l’eau ou AUE.
Un protocole de partenariat a été passé
entre le PHBM et le Projet de Soutien au Développement
Rural (PSDR) afin de renforcer les efforts déjà
engagés. Le partenariat consiste au financement de 107
sous projets riz dans la zone d’intervention du projet mandrare.
A travers ce partenariat, 107 organisations paysannes ont pu bénéficier
d’une importante subvention matérielle (mini-tracteur,
charrues, herses, sarcleuses et charrettes) et d’intrants
(engrais) du PSDR.
Dans le but d’améliorer le taux d’adoption
des techniques améliorées, le projet incite les
paysans à participer aux concours agricoles organisés
par le Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage
et de la Pêche. 29 participants ont été recensés
dans la zone durant le concours 2006 et 107 durant le concours
2007. Les participants aux concours ont bénéficié
d’un encadrement technique plus rapproché. En 2006,
10 paysans ont été primés contre 12 en 2007.
Au total 220 mini-projets riz touchant 3348 membres ont été
financés par le projet.
Résultats
En terme de résultat, à travers l’aménagement
de plus de 5000ha de périmètres irrigués
par le projet, la production rizicole globale (y compris les périmètres
non aménagés) atteindrait 22 000 t par an en année
de pluviométrie normale. La zone du projet est excédentaire
en production de riz. La diffusion du SRA varie entre 35 % et
70% des superficies rizicoles par périmètres aménagés.
Des variétés améliorées sont généralisées
sur l’ensemble des périmètres irrigués.
On constate aussi une évolution remarquable en matière
d’équipements agricoles.
Le tableau suivant présente l’évolution de
la production rizicole du haut bassin du Mandrare depuis 2003.
|
Désignation |
2003 |
2004 |
2005 |
2006* |
| Production (t) |
15.600 |
16.000 |
22.000 |
13.000 |
| Rendement (t/h) |
2,36 |
2,45 |
3,10 |
3,36 |
| Superficie cultivée (ha) |
6.625 |
6.530 |
7.096 |
3.870 |
| * : la campagne 2006 a été
marquée par une saison pluviométrique
particulièrement déficitaire (1/3 de la pluviométrie
normale) |
La stratégie de pérennisation des acquis retient
les points suivants comme facteurs les plus importants :
-
Mise en place d’un système durable d’approvisionnement
en matériels et intrants 
-
Le conseil agricole de proximité
-
L’accès aux services financiers
-
Le maintien de la gestion de l’irrigation

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